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Rôtissoire à châtaignes en terre noire : l'automne de Gondar

Tiago ReisPar Tiago Reis, cofondateur de Ra-Ro · Voir le profil

Lecture d'environ 3 minutes

Rôtissoire à châtaignes en terre noire de Gondar

Il y a des objets qu'on comprend avec les yeux et d'autres qu'on ne comprend qu'avec le nez. Une rôtissoire à châtaignes est de ceux-là. Il suffit de l'imaginer sur le feu, un soir de novembre, entouré d'amis, pour comprendre pourquoi elle m'est restée en tête.

La Rôtissoire à Châtaignes est un assador, une rôtissoire en terre noire faite à la main par César Teixeira et son fils João, à Gondar, dans la commune d'Amarante, dans le Minho, et cuite selon la soenga, la cuisson en plein air qui donne à l'argile sa couleur sombre.

Qu'est-ce que la soenga ?

La soenga est une cuisson de l'argile en plein air, en fosse, où les flammes atteignent environ 1000 °C et où la fumée noire pénètre les pièces. Elle aurait été inventée par les artisans de Gondar au début du XVIIe siècle. L'argile ordinaire, on la cuit. La terre noire de Gondar, dit-on là-bas, on la forge.

Cette partie me fascine. Le noir n'est pas une peinture, c'est de la fumée restée prisonnière de l'argile. Et c'est justement pour cela qu'il n'y a pas deux pièces identiques.

Rôtissoire à châtaignes en terre noire démontée

Qui la fabrique

César Teixeira et son fils João comptent parmi les dernières personnes à pratiquer encore la soenga. Difficile d'écrire cette phrase sans avoir le cœur serré. Une technique vieille de plus de quatre siècles dépend aujourd'hui, en pratique, d'une seule famille de Gondar.

Et pourtant, ce qu'ils font n'est pas un objet de musée. C'est une rôtissoire faite pour servir. Utilitaire et décorative, selon le goût de celui qui l'emporte chez lui. J'aime vraiment cela : la tradition ne reste pas dans une vitrine, elle va sur le feu.

Intérieur de la rôtissoire à châtaignes en terre noire

Tour bas, feu et patience

La terre noire de Gondar ne se fait pas seulement dans le feu. Avant la soenga, il y a la forme, modelée à la main, avec le temps, par ceux qui ont appris la technique à Gondar. César Teixeira et João la façonnent dans le village où cette technique a toujours vécu. C'est cette continuité, de père en fils, qui m'émeut plus que n'importe quel chiffre.

La rôtissoire se compose de plusieurs parties, comme on le voit sur les photos. Couvercle, corps, base. Chacune sortie du même feu, chacune avec sa nuance de noir, un peu plus mate ici, un peu plus profonde là. Personne ne peut contrôler cela entièrement. Et tant mieux.

Il y a une phrase qu'on répète à Gondar et qui m'est restée : l'argile ordinaire se cuit, la terre noire se forge. Je ne sais pas si elle est rigoureuse. Je sais qu'elle est vraie quand on tient une de ces pièces entre les mains.

À quoi sert-elle, finalement ?

À griller des châtaignes, bien sûr. Mais aussi à tout ce qui vient avec elles : la table, les amis, la conversation qui s'étire, la vie quand le soleil se couche. C'est l'objet idéal pour l'automne.

La prochaine fois que quelqu'un apportera des châtaignes, prenez le temps de vous rappeler d'où vient ce noir. Il vient du feu de Gondar, et des mains de ceux qui savent encore l'allumer.

Rôtissoire à Châtaignes, par César Teixeira

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Rôtissoire à Châtaignes, par César Teixeira

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la Rôtissoire à Châtaignes en terre noire ?

C'est une rôtissoire à châtaignes faite à la main en terre noire, à Gondar, Amarante, et cuite selon la soenga. Elle peut servir à griller des châtaignes ou comme pièce décorative.

Qui fabrique cette pièce ?

César Teixeira et son fils João, à Gondar, dans le Minho. Ils comptent parmi les derniers artisans à pratiquer encore la soenga.

Qu'est-ce que la soenga ?

C'est une cuisson de l'argile en plein air, en fosse, où le feu atteint environ 1000 °C et où la fumée noire pénètre les pièces, leur donnant leur couleur sombre.

Pourquoi l'argile est-elle noire ?

La couleur vient de la fumée de la soenga, qui reste prisonnière de l'argile pendant la cuisson. Ce n'est ni une peinture ni un émail.

Pourquoi est-ce une pièce rare ?

La soenga dépend aujourd'hui de très peu de mains, et chaque cuisson est différente, si bien qu'il n'y a pas deux pièces identiques.

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