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La Tête d'Âne en esparto : la mémoire d'un compagnon qui a presque disparu

Luís SerraPar Luís Serra, cofondateur de Ra-Ro · Voir le profil

Lecture d'environ 3 minutes

Tête d'âne décorative tressée en esparto

Au début, je pensais qu'une tête d'âne en esparto était un objet sympathique, sans plus. Une pièce joyeuse, à accrocher au mur d'une maison de campagne. Puis j'ai compris que la question était ailleurs.

La Tête d'Âne est une sculpture décorative en esparto, une fibre végétale sauvage, faite à la main par Isidoro Ramos, artisan de Paderne, dans la commune d'Albufeira, en Algarve. Il la réalise avec l'empreita, la technique de tressage de l'esparto qu'il a apprise de sa grand-mère et de sa mère. Elle existe en plusieurs tailles.

Pourquoi l'âne a-t-il presque disparu de l'Algarve ?

Pendant des générations, l'âne a été le compagnon de travail inséparable des agriculteurs de l'Algarve, surtout dans la serra. Il servait l'agriculture de subsistance et le transport. Quand la mécanisation est arrivée dans les campagnes, on n'en a plus eu besoin et il s'est peu à peu effacé. Aujourd'hui, c'est une espèce presque éteinte dans la région.

Certains s'efforcent de le faire revenir, dans l'agriculture biologique et régénératrice, dans le tourisme de nature et dans des projets de préservation. Concrètement, cette pièce fait une chose rare : elle nous rappelle un animal qui existe encore, mais que presque personne ne voit.

Tête d'âne en esparto vue de trois quarts

Qu'est-ce que l'esparto et comment le travaille-t-on ?

L'esparto est une plante autochtone qui pousse dans les champs et les collines de l'Algarve. Isidoro Ramos l'arrache entre juillet et septembre, la laisse au soleil jusqu'à ce qu'elle prenne une teinte dorée, puis la fait tremper pour l'assouplir. C'est seulement alors qu'il la tresse en bandes, l'empreita, qu'il enroule et coud entre elles avec une grosse aiguille et une corde de jute ou de sisal.

Raconté ainsi, cela paraît simple. Ça ne l'est pas. Tout dépend du calendrier de la plante, du soleil et de mains qui savent ce qu'elles font.

Pourquoi cette pièce compte-t-elle ?

Pour moi, l'intérêt tient à une coïncidence. Isidoro Ramos ne laisse pas l'âne disparaître. Ni l'esparto. Ni les techniques que sa grand-mère et sa mère lui ont transmises. Trois choses menacées qui se tiennent les unes les autres dans une seule pièce.

Le résultat a un grand museau, des oreilles dressées et attentives, des yeux presque doux et une tête entrelacée de couleurs. Elle a du charme. Et ici, le charme compte : c'est lui qui pousse quelqu'un à s'arrêter et à demander d'où vient cet objet.

J'ai commencé par voir un objet décoratif. J'ai fini par voir une archive. Petite, dorée, et avec des oreilles.

Tête d'Âne

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Extrêmement rare

Tête d'Âne, par Isidoro Ramos

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la Tête d'Âne en alfa ?

Une sculpture décorative en forme de tête d'âne, faite à la main en alfa, une fibre végétale native. Elle célèbre la mémoire rurale de l'Algarve.

Qui fait cette pièce et où ?

Isidoro Ramos, artisan de Paderne, en Algarve, qui a appris la technique de l'alfa avec sa grand-mère et sa mère.

Quels matériaux sont utilisés ?

Le corps est fait d'alfa, une plante native, assemblé avec de la corde naturelle de jute ou de sisal.

Quelle est la technique ?

L'alfa est tressé en lanières appelées empreita, qui sont ensuite enroulées et cousues avec une grosse aiguille et de la corde naturelle jusqu'à former le volume de la pièce.

Pourquoi est-elle si rare ?

L'âne a presque disparu de l'Algarve avec la mécanisation, et le savoir même de l'alfa est en péril, car il est transmis par de moins en moins de mains.

Comment l'alfa est-il récolté et préparé ?

Il est récolté entre juillet et septembre, séché au soleil jusqu'à prendre une teinte dorée, puis humidifié pour l'assouplir avant d'être tressé et cousu à la main.

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